
« Oh, nous, on peut rien dire, on n’a pas d’information! » disent-elles sans se retourner, en quittant le site ultra-sécurisé, aux faux airs de campus américain, où Alcatel-Lucent emploie 4.000 personnes dans une vingtaine de bâtiments dévolus à la recherche et au développement (R&D).
Seule l’une d’elle confie avoir reçu dans la matinée une note, « neutre« , de la direction à propos de cet éventuel rachat. « Mais ce n’est même pas un sujet dont on parle entre nous« , affirme-t-elle.
« C’est une note assez simple« , détaille, un peu plus loin, un employé spécialisé dans la 4G, polo rouge délavé et polaire nouée à la taille. « Ils disent que rien n’est fait.«
« Ça veut dire que tout est finalisé!« , reprend un collègue à ses côtés. Veste en cuir, accent du Sud-Ouest, il anticipe déjà la future « politique de Nokia« : « Ils n’ont pas besoin de R&D en France. Ils sont juste là pour racheter des parts de marché.«
« Nokia, ils n’ont jamais été tendres avec les mecs en Europe« , estime-t-il, devant la barrière d’entrée du site, qui monte et descend au passage des 4×4 et des monospaces des employés.
Le salarié est un peu blasé, d’un côté, par les plans sociaux chez Alcatel-Lucent -« ça va être mon septième« -, mais il s’inquiète, de l’autre, pour son avenir.
– ‘Y a que le FN qui aborde ces sujets’ –
« Personne va m’embaucher à 50 ans« , craint-il. « Des collègues licenciés, l’an dernier, ils avaient beau être accompagnés, ils ont toujours pas retrouvé de boulot.«
Il va jusqu’à s’imaginer « caissier à Auchan » s’il le faut. « A ton âge’ Ils te prendront pas non plus« , lui rétorque, amusée, une employée.
« Et moi je vais faire quoi’ Prof de maths’« , se demande le collègue au polo rouge, qui dit gagner ici « 3.000 euros par mois« , à 40 ans, avec cinq ans d’études supérieures.
« Je vais vous dire un truc qui fait froid dans le dos: y a que le FN qui aborde ce sujet« , celui « des délocalisations« , ajoute-t-il, se disant pourtant d’une « culture de gauche modérée« .
Il suit avec intérêt les rumeurs touchant à son entreprise. Celle à propos de Nokia date selon lui de plusieurs mois déjà. « On se doutait bien que les deux moribonds du secteur allaient un jour ou l’autre se +merger+ » (anglicisme pour « fusionner« ).
« Les usines, ça fait longtemps qu’il n’y en a plus en France. Maintenant, c’est la R&D » qui va disparaître, pronostique-t-il. « On est un peu les derniers des Mohicans sur la filière télécoms industrielle.«
La fusion avec Nokia « est une catastrophe pour l’emploi« , renchérit auprès de l’AFP Claude Josserand, délégué CGT chez Alcatel-Lucent, à l’issue d’une réunion intersyndicale dans l’après-midi. « On sort à peine d’un énième plan social depuis la fusion avec Lucent » en 2006.
Quelques salariés inquiets sont venus le voir dans la journée, mais « ils ont déjà vu passer beaucoup de plans de licenciement et subissent un blocage des salaires depuis cinq ans.«
« Il y a une certaine résignation« , dit-il.
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